Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Erebus

L'univers "dark fantasy" d'Erebus et ses centaines d'histoires traduites du mod de Civilization IV: "Fall From Heaven II"

Le Voile Infernal - Partie 1

Publié le 31 Octobre 2016 par Stoik

hyborem

 

Les Infernaux

     Que pourrait-il y avoir de pire que l'enfer? Le domaine d'un dieu déchu! Et les chuchotements de celui-ci se retrouvent dans les textes des plus importantes religions d'Erebus.
     "Les mauvais devront faire face à leur punition éternelle dans son enfer", dit le Confesseur.
     "Les feux de son enfer brûlent plus que ceux de n'importe quelle forge, et les insensés s'y consument comme l'or des fous", avertit le Gardien des Pierres.
     "Les journées les plus brûlantes de l'été ne sont même pas comparables à ces enfers," entonne le Prêtre des Feuilles "et il n'est de renaissance possible pour leurs corrupteurs exilés."
     Les Cultistes murmurent, "Dans le feu comme dans le vide, vos maîtres ne peuvent pas vous parler, et vous ne pouvez pas leur parler non plus; fuyez le royaume du soleil évanoui, et ne manquez pas aux travaux de vos seigneurs, ou vous y serez bannis!"
     Et dans les rituels du Voile Cendré apparaissent ces quelques mots: "Des feux de la fosse, viennent nos secrets, mais nous savons bien que nous ne sommes que de simples suppliants et que nous n'offrons que le prix que vous demandez. Nous venons négocier, et non pas commander, ô Seigneurs de l'obscurité, ô Seigneurs des feux éternels. Pour cette prétention, ne prenez pas nos âmes, mais celles de nos ennemis. "
     Mais la vérité est bien pire. L'enfer est une agression de chacun des aspects des âmes qui y demeurent. Une forge atroce bâtie pour transformer le faible et le tourmenté en manifestations physiques de la haine d'Agares. Dans la vie, un homme peut considérer un acte comme impensable, mais à travers les lentes manipulations de l'enfer cet acte deviendra acceptable, jusqu'à même devenir jouissif. Beaucoup passent l'éternité à l'intérieur de cette lente broyeuse d'esprits, détestant ceux qui les dominent, mais écrasant ceux qu'eux-mêmes dominent.
     Tout ceci ne suffisait pas à contenter Hyborem. Il avait soif de nouveaux défis. Alors, avec l'aide secrète d'Agares, les murs de la Création furent imperceptiblement ébranlés à cause de certains rituels du Voile Cendré. Et l'enfer, depuis toujours séparé du plan infini où demeurent les mortels, eut brièvement accès à ce monde parallèle. Hyborem emmena ses serviteurs et se mit aussitôt en route.
     Ici, ils sont obligés de bâtir une cité de leurs propres griffes et à partir de la fange, comme la réalité de ce monde refuse de se plier à leur volonté. Une volonté renforcée par les désirs démoniaques d'Hyborem et la crainte abjecte qu'il inspire à ses sous-fifres. D'un tempérament sanguin et impatient, il n'est pas dépourvu de subtilité; il est même désireux d'observer les royaumes des hommes, afin d'apprendre d'eux comment opérer dans ce nouveau monde, jusqu'à ce que ses objectifs soient atteints et qu'il puisse ramener le plus de mortels possible en enfer, afin de les tourmenter, pour l'éternité.


Hyborem

Regardez ! La Mort s'est pourvue d'un trône
Dans cette vaste cité que l'étendue prône.
Ici-bas, tirant l'Ouest de sa torpeur,
Le bien, le mal, le pire et le meilleur
S'en sont allés au repos éternel,
Par ces lieux : tombeaux, palais et tourelles.

N'imitant en rien le rituel,
Tout autour et dissipés, les grands vents s'oublient,
Et résignées sous le grand ciel
Les eaux se répandent de leur mélancolie.

Pas un rayon du ciel saint ne descend
Sur la nuit de cette cité d'encens,
Mais les reflets d'un océan cuivré
Flottent au-dessus des dômes enivrés.

Hauts dômes, hautes tours, hautes toitures,
Hauts sanctuaires, ô Dis entre tes murs,
Hautes tonnelles ombragées hier,
De lierre sculptées, de fleurs de pierres,
Hauts temples étendus et merveilleux
Où cloîtrés les êtres implorent les cieux.

Si haut le sanctuaire du fiel,
Exaltant pinacle, berceau de la folie,
Et résignées sous le grand ciel
Les eaux se répandent de leur mélancolie.

Là-bas se marient ombres et tourelles
Comme tout paraît suspendu autour d'elles,
Pendant que d'une fière tour en ville
La mort compte les âmes qui défilent.

Ici temples ouverts, tombeaux béants,
D'où s'échappent les rayons irradiants,
Et pas la fortune qui toujours ment
Dans les yeux de l'idole, les diamants,
Ni le mort gaiement orné de rubis
Hélant les eaux à sortir de leur lit.

Pas la moindre boucle infidèle
Ne dépasse de ce long désert trop poli,
Et résignées sous le grand ciel
Les eaux se répandent de leur mélancolie.

Si pourtant les vents semblaient décoller
Sur quelque vieil océan reculé,
Mais point de houles ne laissent croire qu'ils furent
Sur d'inconnues mers moins tristement sûres.

Mais voilà ! Un tumulte ébranle l'air !
La vague ! Voyez le flot de la mer !
Comme si les tours s'étaient écartées
Et laissaient plonger la vague escortée,
Comme si leurs toits avaient dégagé
La voie du vide dans le ciel léger.

La lueur des eaux rougeoit brusquement,
Les heures respirent trop faiblement,
Et couvrant les gémissements atones,
En bas, la ville s'installe en souffrance,
Et voit l'Enfer se lever de son trône,
Pour enfin lui tirer sa révérence.

Commenter cet article