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Erebus

L'univers "dark fantasy" d'Erebus et ses centaines d'histoires traduites du mod de Civilization IV: "Fall From Heaven II"

Le Retour des Enfers

Publié le 31 Octobre 2016 par Stoik

 1Archangel Michael

 

Préambule

 

     Une région d'Erebus connut un apaisement pendant l'hiver. La fosse enflammée de Braduk, temple dédié à Bhall à l'endroit où elle avait chutée, conservait une petite part de son essence. Elle continuait à brûler, abritant les orcs, qui prospérèrent dans cet endroit du monde, développant des rituels barbares ainsi qu'une culture guerrière sauvage, et combattant comme pillant les campements humains. Le saint sceptre du Grand Prêtre de Bhall fut attaché à la tête d'une hache barbare par le seigneur orc Orthus et plusieurs tribus naissantes tombèrent sous sa puissance. Pourtant, un peuple se dressa contre les orcs...

     Pendant ces longues années d'hiver, leurs parents les Bannors, piégés en Enfer lors de la chute de Bhall, avaient continuellement lutté pour leur survie. Alors Junil, admirant leur détermination, envoya son Archange Sabathiel pour les en sortir...

 

 

L'Archange Sabathiel

 

     Capria tenait la main de Sabra tandis qu'elles attendaient devant le portail. Sa petite soeur frémissait, mais elle ne savait pas si c'était de peur ou d'excitation. Quoi qu'il arriverait, son père lui avait dit de garder son calme. Alors elle le fit.

     S'agenouillant à sa hauteur, Capria lui dit, "Te rappelles-tu ce dont nous avons parlé, Sabra? Nous rentrons chez nous, alors aujourd'hui, il va te falloir être extrêmement courageuse. A ton avis, à quoi ressemblera le monde extérieur?"

     Sabra sourit. "Il y aura pas de monstres!"

     "Tu as raison! A quoi d'autre ressemblera-t-il?"

     "Le feu sera dans le ciel, il ne sera pas partout. Je vais pouvoir jouer dans l'herbe et courir partout, sans avoir peur de tomber dans les trous ou dans la lave, sans avoir peur de me faire manger par les ombres!"

     "C'est vrai, ma chérie," lui dit Capria, espérant que ces histoires qu'ils avaient racontées aux plus jeunes étaient vraies. Elle-même avait pris au mot les anciens sur ce qu'était le monde extérieur. En tous cas, il ne pourrait pas être pire que celui-ci.

     La voix de stentor de Sabathiel résonna au loin, "En garde, soldats! Nous sommes suivis!" Les hommes se précipitèrent à l'arrière de la compagnie, quittant femmes et enfants qui attendaient de pouvoir entrer dans le nouveau monde. Capria rattrapa sa soeur qui s'était jetée dans ses bras. "Peuple de Braduk! Prépare-toi à notre retour!" s'exclama Sabathiel, déployant ses ailes. Capria protégea ses yeux lorsqu'une lumière éclatante émana de l'archange, pour finalement s'apaiser. Sabathiel se dressait devant eux, derrière lui, un portail de lumière avait remplacé la surface du canyon par le chemin de leur retour. "Dépêchez-vous! Nos hommes ne pourront pas résister éternellement!"

     Les familles approchèrent du portail, mais hésitèrent avant d'entrer. Capria serra les dents et avança jusqu'au portail. "Venez, frères et soeurs! C'est ce pour quoi nous avons vécu!" Sans un regard en arrière, elle entra dans la lumière...

 

     Hors du feu, la chaleur dans son dos fut ce qu'elle ressentit en premier, comme si sa peau venait d'être marquée au fer rouge en dépit de la lourde armure de cuir qu'elle portait; cette armure que portaient les soldats de seconde ligne. L'obscurité l'alerta; au lieu d'apercevoir une brume rouge et permanente, c'était la noirceur qui dominait au-dessus d'elle, transpercée par d'innombrables points de lumière. Elle se retourna et vit une grande partie de son peuple émerger des flammes, alors elle réagit comme elle devait, se précipitant vers l'avant malgré l'inconnu. Elle entendit alors des hurlements de panique.

     "Ils sont libres! Ahhhhhhhhhhh! Ils sont libres!" Une vieille femme, à la peau verte et lourdement marquée, s'agitait quelques mètres devant elle, comme devenue folle. D'autres individus, à la peau verte eux aussi, regardaient avec stupeur les étrangers sortir de leur Feu Sacré.

     "Qu'ont-ils fait de notre cité?" demanda une vieille femme surgissant des flammes de l'enfer.

     "Bien, bien, quels cadeaux nous ont été apportés par cette chère vieille Bhall ce soir?" l'interrogation provenait de la voix profonde d'un mâle bousculant un attroupement d'enfants orcs qui jouaient avec les flammes à proximité des humains. A la différence des jeunes orcs à la peau lisse, de longues pointes d'os dépassaient de son dos, de ses épaules et de ses bras. "Des lames de métal maniées par des jeunes filles? Prenez vos lances, peuple du Clan des Braises." L'orc corpulent leva une hache extrêmement massive et ricana devant Capria. D'autres arrivèrent sur-le-champ, brandissant de longues lances en bois.

     Capria se courba pour reposer sa soeur au sol, et en un claquement de doigts elle attrapa un enfant orc pour lui porter un poignard à la gorge. "Nous ne savons pas qui vous êtes, monstres, mais nous n'avons pas l'intention de vous faire de tort. Laissez-nous partir loin d'ici et vos enfants vivront."

     "Un marché, fillette? Une de nos vies contre toutes les vôtres?" Orthus tira un os pointu de sa ceinture. "Ceci ressemble à tout sauf à un bon marché." Orthus arma son bras, et le couteau taillé vola en direction de Capria. Elle cligna des yeux, et avant qu'ils ne se rouvrent, put ressentir une éclaboussure de sang chaud atteindre son visage. Ce sang n'était pas le sien. L'enfant orc était devenu flasque dans ses bras avant même de pouvoir crier.

     "Tu adores la vie, humain. J'adore la mort." Orthus leva sa Hache et avança en direction des humains.

 

     Du sang gicla sur le visage de Donal, le brûlant, il sut immédiatement que le liquide provenait d'un démon. Il serra les dents et plongea sous le Cerbère, lui enfonçant son épée courte dans le coeur. Le grognement du monstre se transforma en jappement, même s'il tenta d'éjecter le casque de Donal, alors qu'il retombait lourdement par terre. Donal leva son bouclier pour parer une boule de feu lancée par un imposant Elémental pendant qu'il hurlait par dessus son épaule, "En avons-nous terminé pour ici, mon seigneur? Je pense qu'ils seraient navrés de nous voir partir."

     Sabathiel grogna. "Encore... encore quelques minutes mes amis, et les plus âgés auront quitté cet endroit répugnant. Crois-tu pouvoir encore un peu résister?"

     "Nous ferons ce que nous avons à faire!" dit Alessi. Le corpulent camarade de Donal fit tournoyer sa hallebarde au-dessus de sa tête, frappant une monture au niveau des genoux et désarçonnant son cavalier. Le Chevalier de la Mort continuait sa charge cependant, et brisa l'épaule gauche d'Alessi avec une longue lame couleur ébène. Le guerrier fit tomber sa hallebarde et chancela, exposé au coup de grâce. Donal se tourna dans leur direction, entailla le bras du chevalier démoniaque et réduisit ce qui devait être un choc mortel en une profonde mais simple balafre.

     Le démon grogna, et le renversa d'un rapide coup de bouclier. Il avança vers Donal jusqu'à ce qu'une flèche atteigne sa poitrine. Alors Donal eut le temps de lui envoyer un autre coup de bouclier, et un troisième, et un quatrième, jusqu'à ce qu'il finisse par s'écrouler.

     "Repliez-vous et regroupez-vous!" lança le tireur d'élite, avant d'être agressé par un essaim de harpies.

     Donal rangea son épée dans son fourreau. Il aida son ami qui se trouvait à ses pieds. "Tu ne mourras pas avant d'avoir vu la lumière du jour, Alessi, je te le promets." Les deux guerriers se dirigèrent péniblement vers le portail, pendant que leurs compagnons fermaient les rangs derrière eux.  

 

     Capria trébucha en voulant reculer face à la progression des orcs. Sa main trouva une longue lance, noircie par des morceaux de porcs brûlés. Elle s'élança et l'enfonça dans la gorge d'un orc qui la chargeait, il gémit, tomba et son arme se brisa en deux morceaux lors de sa chute. "Allez, mes amis, nous avons déjà tous connu pire que cela en enfer!" Elle dégaina son épée courte. "Formation circulaire, femmes et jeunes hommes, prenez les armes. Enfants et vieillards, au centre! Nous ferons nous-mêmes notre chemin en direction du pont. Massacrez les bêtes qui entraveront votre progression, mais surtout gardez vos positions!" Un orc la chargea de nouveau, lance en tête. Elle se prépara à l'esquiver, mais il tomba au sol avant même de l'atteindre, assommé par la pierre provenant d'une fronde.

     Le groupe commença à se diriger en direction du pont de la palissade, une fois les taudis orcs passés. Loin d'eux, un homme blessé chancelait hors des flammes, serrant sa poitrine. Une paire de gobelins lui sautèrent dessus, le poignardant à plusieurs reprises. Il agrippa une poignée d'herbe avant de s'écrouler au sol.

     "Vous ne m'échapperez jamais, humains," hurla Orthus. D'un pas rythmé et l'oeil sadique, il déboula sur leur formation, brisant les rangs et fendant les chairs d'une jeune fille juste en dessous des côtes.

     Capria eut à peine le temps de constater la mort que venait de subir sa meilleure amie. Elle focalisait son attention sur sa jeune soeur Sabra que la main du Roi Orc suspendait en l'air. Elle se baissa, roula au sol pour éviter des pointes de lances, et elle arriva directement face à Orthus, trop près de lui pour qu'il puisse brandir sa hache. Derrière elle, les humains fermaient les rangs.

     "Estime-toi heureux que la mort me rende malade," grogna Capria, plongeant son épée au plus profond des entrailles d'Orthus. Elle ne prit pas le temps de l'achever, mais apporta sa soeur sur son épaule, et elle se retourna. Le gros des orcs avait déjà été vaincu, et la liberté poignait à l'horizon.

 

     "Tu es le dernier, Donal," dit Sabathiel. Les autres soldats avaient déjà traversé le portail, profitant de la dernière accalmie dans la mêlée. Ceux qui avaient survécu à l'attaque en tous cas.

     "Et alors vous nous suivrez, mon seigneur?"

     "Quelqu'un doit rester sur ce piédestal pour garder le portail ouvert. Je resterai à l'arrière."

     "Non, ne faites pas ça. Notre peuple a besoin de vous, vous devez passer ce portail!"

     "Je ne peux pas les diriger dans le prochain monde comme je le fis dans cet enfer, Donal."

     "Ce n'est pas d'un dirigeant dont ils ont besoin Sabathiel... la force et la sagesse sont représentées, même chez nos filles les plus jeunes, à l'image de la courageuse Capria. Ce dont ils ont besoin c'est d'un symbole, un symbole pouvant les aider à rester unis dans le monde réel, mon seigneur. Vous devez traverser. Je garderai la porte d'entrée ouverte pour vous."

     "Je ne peux laisser quiconque derrière moi, Donal!"

     Donal Lugh resta un moment aux côtés de l'Archange et ressentit un poids énorme s'abattre sur lui. "Il doit y avoir un autre chemin, loin d'ici, Sabathiel. Je le trouverai, quelque part, et je vous aiderai à nous rejoindre, même si je dois tuer tous les démons de l'Enfer pour cela." Alors un gémissement attira leur attention sur les cadavres de leurs amis qui se levaient alors qu'un lutin ricaneur s'était mis à danser à l'intérieur d'un cercle. Sabathiel et Donal échangèrent un dernier regard, puis l'Archange embrassa l'homme, se retourna, et s'envola à travers le portail. A l'instant où Donal fit un pas dans sa direction, avec le vain espoir que Sabathiel s'était trompé, il comprit, et Donal soupira. Alors il se retourna vers les cadavres qui traînaient des pieds.

     "Bon, mes amis, qui sera le premier sur la liste?"

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