Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Erebus

L'univers "dark fantasy" d'Erebus et ses centaines d'histoires traduites du mod de Civilization IV: "Fall From Heaven II"

Les Pirates des Mers - Partie 1

Publié le 31 Octobre 2016 par Stoik

falamar

 

Les Lanuns

     Lorsque la pluie de feu de Bhall et la conquête de Mulcarn plongèrent les civilisations dans le chaos. Les mers devinrent plus incertaines, comme recouvertes d'énormes icebergs pouvant déchirer les navires, au point que certaines communautés Lanuns tombèrent dans l'isolement total. Ainsi, cette période mit en péril nombre de marins Lanuns, leurs prêtres perdirent tout contact avec Danalin le Dieu de l'Eau, et les effets de leurs rituels commencèrent à devenir imprévisibles. Les équipages Lanuns qui étaient prêts, malgré tout, à braver les mers, acquirent une belle réputation, ainsi que la fortune en commerçant avec des tribus éloignées, bien qu'ils devinrent les cibles fréquentes des tempêtes de neige. Ainsi, on n'entendit plus jamais parler de certains équipages, comme celui commandé par Malus qui transportait un artefact de Cassiel vers les terres Amurites.
     Finalement la glace recula, et les Lanuns purent à nouveau se réunir. Très vite ils se rendirent compte qu'ils connaissaient à peine leurs semblables, et que la dispersion de leurs équipages les avait poussés à développer des conceptions et des valeurs très différentes. Cela n'était pas un problème pour les Lanuns, quoique, pour chaque règle établie par le capitaine sur son propre navire, celui-ci devait l'adapter à chacune de ses escales. Les capitaines des mers ont le véritable pouvoir en territoire Lanun, ils surclassent dans la hiérarchie les gouverneurs provinciaux et peuvent recruter n'importe qui pour n'importe quelle raison. La seule autorité qu'un capitaine Lanun reconnaisse est celle d'un autre capitaine à qui il a donné sa parole; bien que la parole d'un Lanun, presque par principe, est quelque peu fugace. Leur véritable problème est que l'océan n'est plus aussi accueillant qu'il ne l'était, et tandis qu'ils pouvaient autrefois trouver assistance auprès du Dieu de l'Eau, leurs requêtes ne sont maintenant plus prises en compte, ou parfois pire, puisque suivies de l'envoi d'étranges créatures émergeant des profondeurs.
     Certains capitaines Lanuns conservent l'esprit insouciant de leur peuple en dépit de ce nouveau challenge, pendant que d'autres, comme Hannah l'Irin, étreignent la ténébreuse nature que les mers ont pris. Falamar se perçoit comme un escroc fringant. Il évite de tuer les victimes de ses raids, prétendant que cela les garderait de lui fournir plus de butin, et il est un excellent épéiste qui a la réputation d'être un grand charmeur. Hannah est tout son contraire. Elle est la tempête incarnée, caractérielle et puissante. Elle a fait raser des cités entières pensant s'être fait insulter, et ne gouverne pas au charme, mais à la peur.


Falamar

     "Libérez-moi immédiatement ou vous goûterez l'acier, espèce de voyou!"
     Falamar fixait Rhoanna du regard, l'air faussement angoissé. "Mademoiselle est contrariée par les conditions de vie à bord? Mademoiselle a le droit de partir à tout moment, bien sûr, mais je trouve blessant qu'elle insinue ne pas être traitée comme une invitée de marque."
     "J'ai des affaires trop urgentes pour supporter vos farces." La jeune femme arpentait les quartiers du Capitaine, son armure cliquetait à chaque pas. "Ramenez-moi à mon vaisseau, puisque je ne suis pas votre prisonnière," dit-elle, lançant un regard furieux en direction des vagues. "A moins que vous ne vous attendiez à ce que je m'y rende moi-même, à pieds?"
     "Vous savez, je l'ai déjà vu faire, et ce n'est pas si impressionnant que ça." Le capitaine Lanun ramassa un des deux gobelets placés sur la grande table en bois et prit une gorgée, délicatement. "La magie peut aider, certainement. Mais la véritable astuce est de regarder droit devant soi."
     "Mais..." Rhoanna s'arrêta et serra le poing fortement alors que le navire tanguait au rythme des vagues. "Que les dragons vous emportent, ainsi que vos mers! Et ne changez pas de sujet! Je dois être à bord de mon propre vaisseau et rejoindre ma propre destination."
     "Ah, bon, il m'avait pourtant semblé que les occupants de votre vaisseau ne souhaitaient pas vous apporter grande aide ces jours-ci. A peine nous vous avons amenée à notre bord, qu'ils se dirigeaient déjà vers l'horizon. Et sans me dire où ils allaient! Bien que, je suppose un jour les revoir, le capitaine est mon beau-frère."
     "N'y a-t-il aucun sens de l'honneur sur les mers?" gémit la reine Hippus, tandis qu'elle s'affaissait sur la chaise en face de Falamar.
     "Essayez le vin, ma chère; notre millésimé de la saison 157 s'exprime au mieux sous l'effet des tiraillements de la mer. L'honneur? Je parierai le mien contre celui de n'importe quel mercenaire venu des steppes... en excluant ma présente compagnie bien sûr. Nous avons nos propres règles sur les mers, c'est vrai," Falamar se leva et se dirigea vers la cabine, il saisit une grande bouteille contenant une réplique de son vaisseau amiral qu'il avait appelé "Au Plaisir des Dames". "Mais je crois que vous finirez par comprendre qu'elles observent une certaine forme d'honneur. Si chaque mot du capitaine fait loi sur son navire, chaque membre de l'équipage est libre de partir à chaque escale. Nous avons une femme dans chaque port, mais notre maîtresse, la mer, est éternelle. Un homme façonne son destin de ses propres mains, mais nous sombrons tous dans l'alcool à la fin. La vertu d'une Demoiselle réside dans un sacro saint, à moins qu'on la persuade de la laisser de côté, comme une côte de maille, peu utile une fois l'air de la mer inspiré."
     Rhoanna retira une dague de son fourreau caché sous les gravures de son armure. "Fascinant. Mais faites votre prière. Je me demande d'ailleurs quelles sont les règles maritimes prévues pour les eunuques?"
     "Esclaves de cambuse, généralement. Comme il est bon de voir que la mer ne vous a pas fait perdre votre esprit. Mais j'y pense, vous souhaitez toujours rentrer chez vous, n'est-ce pas?"
     Elle le regarda pendant une minute, furieuse, puis elle soupira, et lui demanda, "Quel sera votre prix, Roi des Mers. J'ai besoin de rejoindre ma compagnie à la frontière Grigori. Notre contrat a été... renégocié, et si je n'informe pas mes sergents, l'honneur des Hippus aura effectivement un peu moins de valeur que celui des voleurs des mers de votre espèce."
     "Il y a quelques contrats commerciaux qui pourraient bien nous rapprocher... en tant que nations, bien sûr. J'attends simplement votre signature ici, ma chère." Rhoanna regardait les contrats de haut, marmonnant sur l'extorsion faite, tout en apposant sa marque.

     Falamar observait Rhoanna et son accompagnateur Lanun s'amarrer au port, loin d' "Au Plaisir des Dames", et vers ses obligations. "Quelle direction maintenant, Capitaine?"
     "Pas tout de suite, Sharwin." Il continuait à l'observer, fronçant les sourcils de ce visage habituellement implacable. Elle était presque hors de son champ de vision. Alors il attrapa sa longue-vue.
     Rhoanna ralentit aux abords de la ville. Elle ralentit puis s'arrêta, et, presque contre sa volonté, mais certainement contre son bon jugement, se retourna. Elle fixa des yeux le navire Lanun pendant plusieurs minutes, sa chevelure au vent semblait comme attirée par la mer. Finalement elle repartit en quête du navire Hippus.
     Falamar souriait. "Elles se retournent toujours. Toujours. Sharwin, cap sur les mers Balseraphs. Ils détiennent un millésime qui pourrait arriver à maturité très prochainement."

Commenter cet article