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Erebus

L'univers "dark fantasy" d'Erebus et ses centaines d'histoires traduites du mod de Civilization IV: "Fall From Heaven II"

Les Hordes Barbares - Partie 1

Publié le 31 Octobre 2016 par Stoik

jonas

 

Préambule

     Mulcarn, ancienne némésis de Bhall, n'avait jadis pas laissé passer sa chance de revendiquer sa domination sur Erebus, et les orcs, ces hommes altérés et métamorphosés lors de la chute de Bhall sur la cité de Braduk, s'étaient retrouvés coincés dans l'Age de Glace, comme le reste du monde.
     Ils survécurent à cet Age, s'entassant autour des feux de Braduk Flamgra'in, développant des rituels barbares ainsi qu'une culture guerrière sauvage. Ils passèrent également une grande partie de leur temps à combattre et à piller les colonies humaines.
     Mais un peuple s'était dressé contre les orcs. Le peuple qui avait accompagné Bhall en Enfer s'était échappé de celui-ci grâce à Sabathiel, l'Archange de Junil, alors qu'approchait le combat entre Mulcarn et Kylorin. Ces guerriers, durs au mal, étaient devenus une véritable menace pour les orcs barbares, trop nombreux toutefois pour que les Bannors puissent les vaincre.      


Jonas Endain

     Braduk Flamgra'in était dix fois plus peuplée que d'habitude. Les orcs étaient présents là où Pugg ne les avait pas vus la saison passée. Ils étaient rassemblés autour de la Flamme Sacrée, davantage pour s'abriter du violent blizzard que pour exercer leur culte. Pugg se faufila entre deux orcs musclés qui grognèrent mais le laissèrent passer. Le gobelin s'était alors assez rapproché pour entendre la prêtresse.
     "Oh grande Bhall, Déesse du Feu, protégez-nous et guidez-nous! Ecoutez vos filles! Donnez de la force aux bras de nos guerriers, et laissez nos ennemis goûter à la passion brûlante de notre haine!" Orcs et gobelins mirent un terme à leurs bruyantes conversations et approchèrent pour participer au rituel. "Laissez votre feu suivre notre sillage!" entonnèrent-ils, faisant s'entrechoquer leurs lances.
     La prêtresse continuait sa supplique, accompagnée des orcs répétant leur partition de plus en plus vite jusqu'à l'apogée du rituel. Cet instant vint rapidement lorsque la prêtresse déclara, "Qu'on amène devant nous les sacrifiés!" La foule placée devant le feu s'écarta, permettant l'arrivée des serviteurs de la prêtresse. Des orcs mâles adultes s'avançaient, ils étaient presque nus en dépit de l'interminable hiver et étaient peints de la tête aux pieds, des symboles mystiques. Au milieu des trois paires d'orcs fut apporté le sacrifice: trois soldats humains. Dépouillés de leur valeur, leurs vêtements en lambeaux révélaient des parties de l'emblème Bannor. En dépit du conflit incessant, il était rare pour leurs ennemis jurés d'être capturés vivants.
     Pugg huait et criait avec le reste de la foule, lançant même une poignée de boue sur l'un des humains. Il manqua sa cible et toucha l'un des Orcs de Bhall à la place, qui l'aperçut. Pugg se déroba.
     "En ces lieux, Oh Déesse, goûtez notre dévotion!" Un par un les humains captifs furent jetés dans la grande fosse allumée par la flamme sacrée elle-même. Ils s'agitaient tandis qu'ils brûlaient, poussant des cris étouffés jusqu'à ce que leur bâillon se consume. Enfin, leurs hurlements devinrent imperceptibles sous les acclamations bruyantes de tous les orcs. "Oh grande Déesse, montrez-nous votre volonté!" vociféra la prêtresse, s'inclinant en direction des flammes. Et la foule rassemblée fit de même.
     Comme cela s'était passé lors du sacrifice précédent, et celui d'avant, ils attendaient et regardaient. Finalement la prêtresse se redressa et se tourna en direction de l'assemblée. "Bhall nous a envoyé un signe, en reconnaissance du sacrifice de ces maudits humains. Elle a consacré nos desseins, et donné son consentement à la volonté de sa prêtresse."
     "Ce n'est pas ce que je vois, sorcière." Les orcs furent abasourdis d'entendre de tels mots en ces lieux, au cercle sacré. Un orc balafré, très lourdement équipé, approcha la prêtresse, pendant que tous s'inclinèrent... ou presque tous, ici et là dans la foule, et spécialement autour des Orcs de Bhall, certains étaient restés immobiles, lance à la main. Ils portaient des capes en peau de daim s'accordant avec celle de l'accusateur. "Je vois la vieille bique ne pas recevoir de signe. Je vois un peuple courageux, un peuple furieux d'être dirigé par une vieille femme, une vieille femme qui sacrifie le travail des autres."
     "Jonas, de la tribu des Trois-Lances," grogna la vieille femme. Il n'était pas utile de crier à ce moment là. La foule, bien que de plusieurs centaines d'âmes, n'émettait plus le moindre bruit. "Comment oses-tu blasphémer ainsi?"
     "Blasphémer quoi? Ce Feu Sacré? Braduk n'est pas le symbole du pouvoir de Bhall, c'est son bûcher. Et toi, femme de charlatanisme, tu peux bien la rejoindre dans sa mort." Jonas la poussa et la vieille orc tomba dans la fosse enflammée sur ce qui restait des prisonniers de guerre. Elle succomba rapidement et en silence. En même temps, les alliés de Jonas éliminaient les Orcs de Bhall. "Vous avez vu? Ce n'était pas la grâce de Bhall qui donnait à la femme son autorité sur les guerriers, mais les mensonges!" Comme il parlait, un terrible coup de tonnerre éclata depuis un nord lointain, et soudainement le blizzard disparut. "Vous voyez! Bhall est maintenant rancunière de n'avoir eu sa voix exprimée que par l'intermédiaire d'une faible femme." Jonas se saisit du bras d'une petite fille accroupie qui regardait le feu, bouche-bée. "Voici l'apprentie de la prêtresse, entraînée à dominer les puissants orcs que vous êtes avec des mensonges de bonnes femmes. Qu'en dites-vous?"
     Captivée par l'atmosphère révolutionnaire, la foule entonna des "Donnez-la à Bhall!", ce que fit Jonas. La gamine poussa un cri en entrant dans les flammes. Mais contrairement à celui des soldats humains, il ne faiblissait pas malgré sa chair se consumant, mais s'intensifiait, retentissant toujours un peu plus. Son calvaire diminuait au fur et à mesure que son corps brûlait, et sa voix devenait plus profonde. Finalement, ses yeux, révulsés par la douleur, se remirent en place pour regarder Jonas, même si les flammes continuaient à les lécher.
     "Jonas Endain!" hurla-t-elle. Le guerrier tant redouté pâlit et s'effondra sur les genoux. "Mes filles se sont sacrifiées... mais toi?"
     "Ma... ma Déesse..."
     "Sors-moi des flammes, Jonas."
     Le chef de clan orc enjamba les flammes, les dents serrées, et prit la tête de la fillette entre ses mains. Le corps de la jeune fille, presque entièrement carbonisé, s'en détacha. La cape de Jonas s'enflamma, sa peau commençait à s'assombrir et à se couvrir de cloques, mais il fit lentement le chemin du retour, soulevant la tête avec ses deux mains. "J'ai été...  trop négligente au sujet de mon peuple dans ce royaume des mortels, Jonas. Mais cela n'excuse pas ton blasphème."
     "Prends ma vie, Bhall," chuchota-t-il.
     "Je le devrais," répondit-elle. Les flammes ne faiblissaient pas, mais la tête n'était pas consumée. "Mais pas pour y mettre un terme. Tu seras mon instrument, Jonas. Mon premier Prêtre. Tu dirigeras mon peuple comme tu avais l'intention de le faire, mais ta gloire devra rejaillir sur moi seule. Et, pour ne pas oublier que ta vie est mienne, la tête, comme les cris de cette fillette, t'accompagneront jusqu'à la mort. Maintenant prépare-toi, ainsi que mon peuple. Mon ennemi n'est plus de ce monde et l'Hiver est fini. Il est temps pour un nouvel âge de commencer. Et de commencer dans les flammes."
     Cinq mille orcs brandirent leurs lances et hurlèrent.


Les Gobelins

     Les croyances populaires ont longtemps laissé penser que les gobelins n'étaient que de simples avortons au sein des populations Orcs, mais il fut plus tard confirmé qu'ils sont en fait une espèce bien distincte.
     Ce qui est évident au premier contact avec ces tristes créatures est leur destin sinistre. Ils sont rejetés par tous les êtres placés au-dessus d'eux dans la hiérarchie Orc, c'est à dire par tous. Ils ne sont absolument pas respectés par les Orcs, les Ogres, les Hommes-Lézards, ni même leurs propres montures, les loups, connues pour se retourner contre les gobelins lorsqu'il leur arrive d'avoir un peu trop faim.
    Certains Gobelins acceptent ce destin tragique, effectuant les tâches les plus serviles au coeur des villages Barbares. La plupart, cependant, canalisent cet abus dans la haine du monde extérieur, et sont envoyés à l'avant des régiments de guerre Orcs pour semer le chaos partout où ils peuvent. Malheur au paysan ou à l'éclaireur qui tomberait dans l'embuscade d'un groupe de ce genre de gobelins.


Les Guerriers Orcs

     En ces temps, il n'est pas homme qui soit élevé sans l'apprentissage des armes, ni famille sans au moins une épée à la maison. Lorsque tous ont failli, les peuples eux-mêmes sont le dernier rempart. Les guerriers ne sont rien d'autre que des paysans, s'armant de n'importe quelle arme à portée de main, appelés à défendre leur demeure, leur métier, et leur famille. Mais bien qu'ils se battent avec le courage du désespoir et l'opiniâtreté de la sauvegarde de ce qui leur est cher, ils manquent cruellement d'entraînement et leur équipement de fortune est loin d'être suffisant pour rivaliser avec des soldats professionnels.
     Les Guerriers Orcs n'ont aucun des mérites des hommes civilisés, ce n'est pas le courage qui les guide mais le fanatisme. Ceux-ci forment le gros des troupes de guerre Barbares faisant leurs proies des campements isolés et prospérant sur la destruction comme le massacre. La plupart des Barbares suivent le chemin tracé par leurs ancêtres nomades, sans cesse en mouvement, et toujours en adoration devant les dieux païens assoiffés de sang; mais les autres, les Orcs claniques dévoués à Bhall, sont plus organisés, leurs cris de guerre sont tout aussi glaçants, et leurs apparitions terrorisent encore plus les habitants des terres frontalières civilisées.

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