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Erebus

L'univers "dark fantasy" d'Erebus et ses centaines d'histoires traduites du mod de Civilization IV: "Fall From Heaven II"

Les Chevaliers de l'Apocalypse

Publié le 31 Octobre 2016 par Stoik

Chevaliers de l'Apocalypse

 

Stephanos

     Tandis que le peuple restera aveugle à l'imminente menace pesant sur leur monde, et malgré les nombreux signes précurseurs, quatre porteurs de la destruction arriveront, chevauchant leurs terrifiants destriers, et gardant l'ombre de la terreur comme compagnon permanent...
     Et le premier des quatre sera connu sous le nom de Stephanos, bien que dans leurs murmures terrifiés les mortels l'appelleront "Le Conquérant". Il déclarera les terres des mortels comme étant siennes, massacrant les armées des hommes qui tenteront de se dresser contre lui, et bientôt, tous les empires tomberont sous son impitoyable joug...


Buboes

     Et le deuxième des quatre se nommera Buboes, quoique les survivants infortunés du règne de Stephanos le surnommeront "Le Porteur de Guerre". La dissidence et la contestation régneront entre les royaumes tandis qu'il chevauchera sa monture au bord d'une vague de sang humain, se délectant du torrent de mort et de destruction laissé dans son sillage...
     Hommes, femmes et enfants de toutes les confessions et de toutes les nations brandiront les étendards de sombres causes depuis longtemps oubliées, combattant amis comme ennemis jusqu'à ce qu'il ne reste que des survivants isolés sur les champs de ruines, finalement frappés par l'impitoyable lame du chevalier...

     Je ne suis pas né de chair, je suis indifférent à la mort, je suis l'ennemi de la paix et du repos. Je suis la fragilité dans une épée, en apparence intacte, qui pourrait gêner son maniement au combat et coûter la vie de celui qui l'utilise, ou encore ce souffle qui pourrait faire flancher les fondements d'une bâtisse et provoquer son effondrement.
     A une certaine époque, chacune des pensées des dieux se retrouvait dans la Création. Les arbres provenaient de la verte inspiration de Sucellus, depuis les piliers dorés des cieux. Les papillons résultaient des fantaisies colorées du bon Amathaon. Mais ces dieux connaissaient aussi la peur, elle pouvait même devenir manifeste. Je suis leur crainte de la guerre, des combats, de la rage et de la douleur dont ils sont eux-mêmes les victimes.
     Attaché et caché, comme l'est leur effroi, je fais toujours partie de la Création. S'ils me libèrent, je réaliserai leurs peurs et les infligerai au pays tout entier, et c'est alors qu'Erebus tombera sous mon épée.


Yersinia

     Et le troisième des quatre se nommera Yersinia, les mortels le surnommeront "Le Flétrisseur". Il parcourra sur sa monture les champs de batailles brûlés, en direction des quelques campements qui continueront d'exister dans ce monde condamné. Avec lui, volera un fléau terrible aux ailes noires qui balayera toutes les tristes âmes se trouvant sur son chemin...
     Nombreux seront ceux qui trépasseront dans d'atroces souffrances, les parents verront leurs enfants s'affaiblir et mourir sous leurs yeux, les amants seront arrachés des bras de leur amour sous l'épouvantable étreinte de l'entropie, et l'unique réconfort des survivants sera la certitude de bientôt les rejoindre...
     Et il provoquera la flétrissure des cultures, et les animaux périront dans son sillage, alors ceux qui survivront à ce fléau se souviendront avec nostalgie de la première Nielle comme d'une période relativement prospère, tandis qu'ils chercheront vainement à soulager leur faim avec les cendres et la poussière...

     Un père abandonnait son enfant, une femme son mari, un homme son frère. Pour en arriver à ces drames, la maladie semblait s'attaquer jusqu'à la respiration et à la vue. C'est ainsi qu'ils mouraient. On ne trouvait personne pour enterrer les défunts, que ce soit par amitié ou pour de l'argent. Les membres d'un même foyer jetaient leurs morts dans une fosse comme ils pouvaient, sans la présence du moindre prêtre ni de quelque autorité divine. Alors de grandes fosses étaient creusées, et une multitude de morts s'y entassaient.
     Ils mouraient par centaines, de jour comme de nuit. Et une fois ces fosses remplies, d'autres étaient immédiatement creusées. Et moi, Agnolo di Tura, surnommé "Le Gros", j'ai dû enterrer mon cinquième enfant de mes propres mains. Aussi, certains cadavres étaient si peu recouverts par la terre que les chiens les traînaient jusque dans la cité pour dévorer leurs corps. Personne ne pleurait les morts, tous attendaient de les rejoindre. Ils étaient si nombreux à périr que tous croyaient vivre la fin du monde.


Ars Morendi

     Et le dernier des quatre se nommera Ars Morendi, mais aucun surnom ne lui sera donné par les mortels comme aucun ne le connaîtra et ne lui survivra...
     Il sera le plus cruel et le plus puissant des Chevaliers, éteignant l'étincelle de vie dans les âmes des mortels par sa seule présence, tandis que beaucoup viendront l'acclamer avec nostalgie plutôt que désespoir...
     Il sera l'étreinte finale, d'innombrables âmes tomberont sous sa lame, seulement pour se lever à nouveau et rejoindre son funèbre cortège d'esprits plaintifs aspirant à consumer les âmes de leurs familles, de leurs amis et de leurs voisins...
     Il laissera dans son sillage un monde perdu, des cités auparavant fières tombées en ruines, des places de marché jadis emplies de rires et de conversations aujourd'hui abandonnées, alors on entendra plus que l'envol des feuilles mortes dans le vent froid...

     Parih restait immobile, envahi par le chaos du champ de bataille. Les cris des guerriers et les armes s'entrechoquant n'étaient devenus que de lointains échos pour lui. Des soldats se battaient et mouraient pour la terre qu'ils défendaient, mais lui ne bougeait pas. Certains même le poussaient, mais lui ne sentait rien.
     Son corps brisé était allongé devant lui, recouvert de sang il n'était pas reconnaissable au milieu des autres cadavres. Les Hippus lui avaient paru si différents, comme une autre race d'hommes, jusqu'à ce jour. Une vie entière de récits l'avait destiné à retourner son esprit contre eux, glorifiant ce qui différenciait sa culture et son histoire des leurs. Mais maintenant, ils se ressemblaient tous, blessés et ensanglantés.
     Le monde s'évanouissait autour de lui, comme si la vision de Parih disparaissait. Toutefois, il ne s'était jamais sentit aussi réel dans un monde qui ne lui semblait plus être qu'un rêve. Les bruits de la bataille étaient remplacés par des prières que chuchotaient les soldats, certains demandaient une protection, la plupart en appelait à la mort de leurs ennemis. Tous étaient terrorisés.
     "Etes-vous prêt à mourir?"
     Ces quelques mots parvinrent à Parih, cherchant la réponse, et affectant chacune de ses pensées obscures. Un homme montant un cheval étique se dirigeait vers lui, et bien que Parih ressentait le mal chez cet être, il fut incapable de lui mentir.
     "J'ai peur."
     "Ne sois pas effrayé par la mort, tu l'es déjà, tu es mort. Crois-tu que le temps a commencé le jour de ta naissance? Crois-tu que ton âme est immortelle?"
     Parih ne pouvait répondre. Le démon ricanait d'un ton sardonique.
     "Tu n'es pas le catalyseur de la Création, la chair est le temporaire, l'inadapté réceptacle de l'âme. Si tu savais que ton âme existerait après ta vie, ne crois-tu pas qu'elle devait exister avant ta naissance? Et si ton âme existait quelque part avant ta naissance, pourquoi n'y retournerait-elle pas après ta mort?"
     Le démon s'arrêta, lisant dans les pensées de Parih pour s'assurer que le moment était le bon.
     "Prends ma main, mortel, et je te mènerai vers l'Au-Delà."
     Parih tendit son bras et prit la main squelettique d'Ars Morendi. En cet instant, les souvenirs de sa vie étaient perdus, et il se réincarna en l'un des Mânes dépourvu d'esprit des légions de l'enfer.
     "Cette âme ne t'était pas destinée, démon!"
     Ars se retourna et vit une Valkyrie, l'arme brandie. Elle blêmit lorsqu'elle le reconnut, reculant instinctivement avant même qu'il n'esquisse le moindre mouvement.
     "Je suis libéré, et m'arroge tout ce que je décide."
     Ars Morendi fit avancer sa monture et la Valkyrie s'écarta de son chemin.

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