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Erebus

L'univers "dark fantasy" d'Erebus et ses centaines d'histoires traduites du mod de Civilization IV: "Fall From Heaven II"

Les Cavaliers Mercenaires - Partie 1

Publié le 31 Octobre 2016 par Stoik

rhoanna

 

Préambule

     A l'Age de la Magie, Kylorin avait fait appel au peuple Hippus et à ses cavaliers, les meilleurs de la Création, pour l'aider à chasser les mages au service de Ceridwen. Ses exploits avaient apporté un grand renom au peuple Hippus. Mais cette fierté nouvelle finit par les desservir, entraînant une féroce compétitivité martiale entre clans qui, pourtant alignés sous un même nom, refusèrent l'aide de l'un, jusqu'à piller l'autre.
     Lorsque survint l'Age de Glace, les Hippus réussirent à stopper les avancées des hordes Gelbiontes, mais nombre de leurs communautés tombèrent lors d'un assaut mené par des Golems de Glace, et ce uniquement parce qu'elles n'avaient pas consenti à solliciter l'aide de leurs cohortes cousines.
     A l'Age de la Renaissance, tandis que les autres grandes nations émergeaient, les Hippus s'empressèrent de les piller, les unes après les autres, jusqu'à ce que leur influence soit éclipsée par des nations plus unies et plus disciplinées.
     Rhoanna, dirigeante d'une petite tribu Hippus, se donna pour mission d'unir son peuple, sans pour autant qu’aucune d'entre ces tribus ne perde sa culture. Elle constitua les compagnies mercenaires Hippus, pour tenter de mettre au service de tous leurs compétences martiales et leur compétitivité, au lieu de les disperser. Tasunke est le plus célèbre des pillards Hippus. Il était attendu qu'il défie Rhoanna, mais la manne financière étrangère qui était en jeu lui sembla être une meilleure preuve de la réussite d'une tribu que le massacre de ses semblables...


Rhoanna et Tasunke

     "Ceux qui sont nés sur une selle ne font plus qu'un avec leur monture". Au combat, cela signifie que leur cheval esquivera les attaques surprises, se retournera une seconde avant d'être incité à le faire, et deviendra plus dur au mal que s'il était monté par n'importe qui d'autre. Lors d'un voyage, aussi urgent soit-il, cela signifie que le cavalier peut même se permettre de laisser vagabonder son esprit.
     Elle était la fille d'un dirigeant d'une tribu mineure. Son père guerroyait constamment contre les autres tribus Hippus: conduisant ses pillards contre leurs hardes, se vantant ivre-mort de sa bravoure lors de feux de camp, et complotant pour acquérir quelques insignifiants avantages. Elle voulait lui crier, "Toi, vieille brute insensée! Ne vois-tu pas que notre peuple est en train de disparaître? Nous combattons au mépris même de l'honneur, seulement pour des histoires d’humiliation, plus exagérées les unes que les autres, alors que chaque jour des nations empiètent sur nos terres. L'influence de leurs cités comme leurs armées nous repoussent toujours un peu plus à l'intérieur de nos terres, et nous trouvons encore le moyen de nous entretuer? Réveille-toi! Réfléchis un peu!"
     A la suite d'un assaut, le dirigeant Hippus ne revint jamais. Son frère ne s'en sortit pas non plus. Orphelin, son peuple se tourna vers elle.
 
     Cette bataille fatidique aurait pu mettre un terme à l'existence de la tribu, mais Rhoanna répondit à ses attentes, en attaquant ses voisins. Mais cette fois-ci, ils l'avaient bien mérité, ils avaient pillé son peuple et capturé ses béliers les plus vigoureux. Elle apprit à quel point il était difficile de ne pas être un grand guerrier comme son père. Certes elle était impressionnante dans l'armure familiale, mais lorsque pour la première fois se présenta l'occasion de faire mordre la poussière à l'un de ses cousins, elle hésita. Son adversaire, quant à lui, n'eut pas ce genre d'état d'âme. Son coup fut rapide. La parade de Rhoanna maladroite, mais salvatrice. Dans la boue, la confusion, les sabots de toutes sortes, la clameur... elle finit cependant par sortir vivante de cette joute, et par rejoindre la retraite. La douleur incessante qu'elle ressentit depuis à son épaule fut l'une des leçons qu'elle tira de tout cela: le statu quo n'était plus envisageable, ou bien elle, et son peuple, seraient piétinés.
 
     La troisième rencontre du conseil se révéla cruciale. La moitié des tribus l'avait rejointe, mais seulement la plus faible des moitiés. Tasunke se retrouva aux commandes de l'autre. L'admiration qu'il inspirait aurait pu convaincre n'importe quelle tribu de s'allier à Rhoanna s'il avait accepté de rejoindre sa coalition.
     "Bon, t'as fais tout ce chemin, jeune fille, parle et va-t-en. L'Aroul-Hippi n'a besoin de personne, et encore moins de ta bande de pieds-plats", ces mots provoquèrent les rires enthousiastes de ses compagnons.
     Elle se dit alors que ce genre de bravade était probablement la clé, qu'elle devrait tourner ce sens de l'honneur à son avantage. "Pieds-plats? Peut-être. Mais mieux vaut vaincre en allié qu'être défait en seul Aroul."
     "Tu te vantes d'une bataille qui jamais ne fut, petite jument, mais si tu te crois assez virile pour nous impressionner, amène tes cavaliers!"
     "Je ne parle pas d'une défaite contre nous, Tasunke, mais d'une défaite que tu as déjà subie. Sinon, comment expliquerais-tu que tes moutons ne paissent plus sur les collines de Nimarail? L'herbe doit pourtant y être aussi luxuriante qu'autrefois, je me trompe?"
     "Nos moutons sont plus heureux sur les collines du Conneb-Hippi", répondit Tasunke.
     "Oh, certainement. Ta peur d'un affrontement avec les Amurites ne peut évidemment pas en être la raison. Il ne fait aucun doute que leur sang magique n'impressionne en rien tes courageux guerriers, mais que tu préfères laisser le soin à tes moutons de vous mener comme des agneaux." Elle entendit quelques ricanements, certains provenant même de l'Aroul. "Bon, et concernant la vallée de Caledor? Les bergers de l'Enfant-Roi t'auraient-ils émasculé pour que tu leur laisses cette contrée sans réagir?"
     "Qui es-tu, femme, pour parler de virilité?" hurla-t-il. "Cherches-tu à nous pousser dans une campagne contre les armées sans fin de ces empires qui nous entourent? Tu n'as pas le courage de te battre contre nous, ici et maintenant?"
     "Non, Tasunke, je ne veux pas voir l'Aroul détruit! Tu es le plus fort; et où ira l’Aroul-Hippi, ira notre peuple. Nous devrions laisser notre fierté de côté, dans la perspective de notre survie. Les nations et les empires nous encerclent. Ainsi nous n'avons plus l'embarras du choix qui se limite à coopérer ou mourir. Je t'en prie, laisse les Hippus ne faire plus qu'un!"
     "Et même si j'acceptais, je pense que nous n'aurions pas la puissance nécessaire pour prendre le pas sur la moindre de ces nations. Crois-tu donc être la seule à réaliser notre destinée? Allez, laisse-nous à nos jeux de grandes personnes, fillette."
     "Tu as raison. Nous n'avons pas leur nombre. Mais notre courage, nos compétences, et notre honneur sont légendaires. Les Amurites, les Kuriotates, les Elohims, tous ces êtres s'entassent dans leurs cités, que penses-tu qu'ils seraient prêts à donner par crainte de ces vertus qu'ils nous connaissent? A peu près tout ce que nous leur demanderons, à mon avis."
     "Voudrais-tu que nous devenions de vulgaires négociants?"
     "Absolument pas, considère cela comme une autre manière de piller, plus diplomatique."

     Pour leur dernier contrat, Tasunke dirigea les opérations, mais elle ne savait pas que leur proie avait fait une meilleure offre que leur employeur. Une route maritime devait lui faire prendre part aux négociations, mais c'était sans compter ce pirate. Falamar avait intercepté son navire, avait jeté son capitaine par-dessus bord, et s'était enfui secrètement avec elle. Pour l'avoir emmenée sur une traversée dont elle avait déjà payé le prix, Il lui en coûta les bénéfices de l'aventure toute entière. Il avait acheté son hôte au dirigeant Hippus et avait pillé son navire. Ainsi elle n'aurait plus qu'une idée en tête, se faire justice elle-même, et prouver à cet individu à quel point elle le déteste.

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