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Erebus

L'univers "dark fantasy" d'Erebus et ses centaines d'histoires traduites du mod de Civilization IV: "Fall From Heaven II"

La Meute - Partie 1

Publié le 31 Octobre 2016 par Stoik

mahala

 

Préambule

 

     Lorsque l'Age de la Renaissance débuta, les Doviellos se demandèrent s'ils avaient fait le bon choix en se cachant des Amurites, après que Kylorin les ait affaiblis dans son entreprise de destruction de Mulcarn. Ils n'avaient fait que ce qu'ils avaient pressenti devoir faire pour survivre, mais attendre la fin de cette période avait mis en danger leur mode de vie si particulier.

     Le loup s'adapte, mais il sait également ruser, et en flairant les plans d'Auric Ulvin, les Doviellos comprirent qu'une brèche vers leur ancienne domination pourrait s'ouvrir.

     Mahala voulut faire renaître l'esprit de leur fondateur, Charadon, dont le charisme devait renouveler le lien sauvage Doviello. Mais suite à plusieurs défaites au front, la voie de la force incarnée par Charadon se trouvera rapidement défiée par celle de Mahala, plus civilisée...

 

 

Mahala

 

     "Nous avons besoin d'en savoir plus sur lui."

     "Besoin d'en savoir plus? Nous sommes des fillettes maintenant? Qu'est-ce qui t'obsède dans la connaissance? C'est ce genre de réflexions qui font des civilisés..." Charadon cracha pratiquement ce dernier mot "... des peuples faibles. Et qui te rendent faible toi aussi."

     Mahala ignora ces mots. Tempêtant et s'entêtant, elle rétorqua... "Cet homme pourrait être un imposteur, une véritable menace – ou un allié. Nous avons besoin de certitudes, autant que possible en tous cas. Si les Illians sont en pleine ascension..."

     Elle avait espéré qu'il pourrait comprendre pour une fois, mais leur discussion se détériorait, comme d'habitude. Maudit, idiot, obstiné, vicieux salopard; aux Shamans de réveiller ce monstre... Mahala prit une grande inspiration et tenta encore de discuter ce point.

     "Toutes tes vaines batailles ont eu pour seul effet d'organiser nos ennemis et de les décider à nous faire disparaître!"

     "Ah! Tout ce que tu veux faire c'est nous affaiblir et nous livrer à nos ennemis, pour qu'ils nous enferment dans des enclos comme des moutons ou des vaches! Mieux vaut mourir en guerriers que vivre en esclaves!"

     "Moutons et v... Argh! Je pense à nos ENFANTS, pendant que tu ne penses qu'à ta soif de SANG!"

     "Si je ne t'avais pas à l'oeil à chaque seconde, je suis certain que tu te serais déjà levée sournoisement et que tu m'aurais planté un couteau dans le dos – comme ça tu te serais débarrassée du dernier véritable défenseur de la puissance Doviello!" L'insulte était évidente et accablante. Tuer un adversaire autrement qu'en public, autrement que dans une rivière de sang, ou autrement que lors d'un duel, était peut-être la chose la plus lâche qu'un Doviello puisse imaginer.

     "Je ne me couvrirai jamais de honte ainsi – mais je prie Camulos pour que quelqu'un OSE un jour te défier! Ton heure est passée! Il est temps que la meute ait un nouveau chef, vieillard. Te rappeler était une erreur."

     Elle pouvait constater à quel point elle venait de l'affecter. Elle savait qu'il le serait. Le visage de Charadon tourna au violet foncé, celui d'une rage déchaînée.

     "Sale rate! Comment oses-tu! Ingrate petite fille de moutons! Il n'est pas trop tard pour te découper en rondelles, demi-portion! Tu devrais écouter ton chef de meute!"

     "Tu n'es pas mon chef! J'ai reconstruit les Doviellos toute seule, de mes propres mains! Après ton échec de l'Age de Glace, ils n'avaient personne d'autre que moi. Les Doviellos sont ma meute!" Mahala en avait assez. Elle lui tourna le dos pour partir, mais Charadon la saisit par derrière, enveloppa sa taille de ses bras, la serra fortement, et porta sa tête au niveau de la sienne.

     Mahala pouvait sentir la puanteur de viande avariée de l'haleine de Charadon lorsqu'il haleta à son oreille: "Ton esprit est faible, tes mots sont fous, mais ton corps a... du potentiel. Nous pourrons avoir de solides petits, de véritables chefs. Tant qu'ils auront mon sang qui coulera dans leurs veines en tous cas..." Sa déclaration était emprunte d'un incontrôlable grondement de désir, et sa colère laissa place à la convoitise.

     Elle grogna, se débattit, et porta son couteau dissimulé dans les replis de sa manche au niveau de la jugulaire de Charadon. Elle lui tira du sang, faisant couler un filet le long des poils de son cou.

     Charadon ne fut pas déstabilisé et lui décocha un rictus lubrique alors qu'il s'éloignait d'elle. Comme il quittait l'entrée de la pièce, ses mots d'adieu furent "Tu n'es pas encore prête, je vois!" Ce chien lascif, pensa Mahala. Sa poitrine se souleva, et elle tomba, l'adrénaline affluait dans ses veines.

     Ce que Charadon déciderait importait peu, elle continuerait à conduire ses investigations. A ce stade, la meilleure idée lui sembla de partir au loin, un certain temps.

     Elle ferma les yeux, et une fois de plus, revit ce visage dans ses rêves. Beau, mais... efféminé, très élégant, avec quelques espiègles affectations ridicules, et une fine épée pointue qui ne semblait bonne qu'à servir de brochette. Il ne ressemblait pas à un guerrier, pas plus à un héros, et encore moins à un être digne de confiance. Mais il devait être quelqu'un d'important. Pourquoi un tel visage hantait-il son sommeil?

 

     Après avoir attendu que Charadon sorte et rencontre ses partisans, Mahala se faufila par derrière. Sa monture l'attendait, accompagnée d'une poignée de ses amis les plus capables et les plus dignes de confiance, ainsi que de ses gardes du corps. L'un d'entre eux, une chasseresse nommée Ciciel, approcha.

     "Nous sommes prêts. Avez-vous besoin d'autre chose?"

     "Nous ferons avec ce que nous avons. Cet homme est impossible à raisonner. Par Camulos, il est même impossible de lui parler! Il a tenté de s'accoupler avec moi, encore une fois! Si je pouvais, je tuerais chacun des Shamans qui ont aidés cet être lunatique à sortir de l'enfer de Camulos."

     "Les plus âgés pensent que son retour était une bonne chose. Un chef en cette période difficile, où tant de si jeunes guerriers périssent lors de raids voués à l'échec..." constata Ciriel.

     "Nous n'en avions pas besoin! Quelle tristesse de s'être affaiblis de la sorte, les temps étaient moroses certes, mais ces sacrifices n'étaient que le fait d'un entêté." Mahala ne mentionna pas que, parfois, les raids avaient échoué volontairement. Peu de gens savaient cela, et sa vie dépendait aussi de ce secret: "Nous voulions apparaître beaucoup plus efficaces et mortels à la suite de cela, mais maintenant, maintenant..."

     Mahala donna un coup brusque dans le ventre de son cheval lui aussi entêté, le forçant à exhaler tout l'air qu'il avait gardé dans ses poumons. Alors elle tira la sangle serrée de la selle.

     "Maintenant ce fantôme du passé estime que c'est une bonne idée d'utiliser la magie de Chaos dans les terres désolées, afin de piller leurs habitants plus facilement, et de s'accaparer tout le reste. C'est une folie quoi qu'il arrive – s'ils le battent, ils viendront se venger, et si le sorcier l'emporte, nous ne pourrons plus leur échapper."

     Mahala essayait de discerner ce qui se passait dans la grande entrée du palais Doviello. Elle pouvait juste apercevoir Charadon occupé à inspecter sa Machine de Guerre adorée. Elle était la perfection pour lui, brutale et directe. Rien d'étonnant à ce qu'il l'adore à ce point.

     "Bon, au moins, l'un d'entre nous a un peu de bon sens et une volonté de penser au-delà du tranchant de son épée." se félicita Mahala, s'occupant elle-même des derniers préparatifs.

     Charadon sera probablement ravi d'être débarrassé d'elle, ainsi il pourra continuer sa course folle pour noyer dans le sang les Doviellos. Mais elle sera accompagnée d'un homme qui lui manquera forcément...

     "Ciciel, est-ce que Lucian est arrivé?"

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Stoik 08/05/2011 20:27


Merci! :)

je vais faire de ce pas un tour sur ton blog!


nicogarner 08/05/2011 15:06


Bravo et toutes mes félicitations pour un blog où l'on rêve et l'on se prend pour un farouche guerrier.
VIENS LIRE DES ANGES ET DES LOUPS. Merci